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Fumel technologie: une expérience d’autogestion industrielle de 2003 à 2007
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
http://www.autogestion.asso.fr/?p=6231#more-6231
De 2003 à 2007, des ouvriers ont été majoritaires au capital de Fumel technologie, une entreprise de fonderie et d’usinage. Cette phase d’autogestion s’est déroulée dans le contexte d’un secteur en déclin avec une entreprise de 480 salariés alors que trente ans auparavant ils étaient 3500 ! Quelle place pour l’autogestion dans un tel contexte ? Un film sur la vie de cette entreprise en 2005 en lien avec un groupe de rock local Les Ablettes, suivi d’une interview d’Ignace Garay, ancien délégué CGT de l’usine sur la stratégie de résistance et la conception différente que l’on peut avoir des emplois selon que l’on est dans une économie capitaliste ou socialisée.
C’est l’histoire d’une expérience de reprise de la production par des salariés qui s’est déroulée de 2003 à 2007 dans la ville de Fumel dans le Lot-et-Garonne. À l’origine, la Société aquitaine de fonderie automobile (Sadefa), une entreprise du groupe Saint-Gobain-Pont-à-Mousson qui a connu une croissance exceptionnelle dans les années d’après-guerre. À son firmament en 1974, cette entreprise comptait environ 3500 salariés.
Cette entreprise fabriquait des tuyaux pour la voirie, l’adduction d’eau, des pièces pour l’automobile, des chemises pour pistons de poids lourds ou des bateaux, des tuyaux spéciaux pour la chimie, la papeterie, l’agro-alimentaire, la voirie… Deux activités cohabitaient : la fonderie avec un grand nombre de travailleurs provenant de différentes générations d’immigration et l’atelier d’usinage qui regroupait l’aristocratie ouvrière. Tous les syndicats étaient représentés mais la CGT y était majoritaire.
À partir de 1975, l’entreprise va commencer à licencier dans un contexte de très forte mobilisation sociale. Alors que les salariés avaient précédemment réussi à imposer que vingt minutes par jour de pause casse-croûte soient incluses dans la rémunération, la direction tentera de revenir sur cet acquis. Trois semaines de grève extrêmement dures feront plier la direction. De même, une grève en 1993 permettra de faire reculer la direction sur un plan de licenciements de 300 salariés. C’est à cette époque que l’entreprise est revendue à un premier repreneur qui ne tardera pas à revendre celle-ci à la banque suisse UBS.
L’entreprise finira par déposer le bilan en juillet 2003 avec 480 salariés restants. Très rapidement, un regroupement des cadres et des ouvriers crée Fumel Technologie en rachetant les actifs de la Sadefa pour le prix de trois euros symboliques. Le capital était alors détenu à 25 % par les cadres et 75 % par les ouvriers, ce qui en faisait d’office une expérience d’autogestion dans laquelle une tension permanente existe entre des ouvriers qui maintiendront et même augmenteront leurs salaires alors que les cadres souhaitaient plus d’investissements.
Le film Fumel, de feu, de fer, de rock, que nous présentons ici, a été réalisé à un moment charnière de cette expérience : 2005. À ce moment, l’entreprise est à court de trésorerie et négocie la vente de son barrage pour la somme de 11,7 millions d’euros. Ce film fait le lien entre la pratique ancienne du rock par les ouvriers, le groupe local Les Ablettes qui n’est pas sans rappeler les groupes punk britanniques The Clash ou les Sex pistols, et la combativité de ceux-ci dans la recherche d’une solution. Le concert du 1er octobre 2005 dans les murs de l’entreprise en est le temps fort.
Fumel, de feu, de fer, de rock
Réalisation : Jacques Mitsch, Jean-Christian Tassy
Scénario : Philo Fournier, Jacques Mitsch
Durée : 52′
Production : K Productions (Toulouse)
Avec le soutien des régions Aquitaine et Midi-Pyrénées, du CNC, du FASILD, de la PROCIREP, de l’ANGOA AGICOA et de FRANCE3 Aquitaine
En 2007, l’expérience prend fin face aux nouvelles difficultés. Divers repreneurs se succéderont, l’activité de fonderie disparaîtra et l’entreprise se concentrera désormais sur les tubes spéciaux et les chemises pour pistons. En 2013, l’entreprise, qui s’appelait alors Metal Temple Aquitaine ne comptait plus que 270 salariés. En mars 2015, après un dernier dépôt de bilan, seuls 47 emplois étaient maintenus.
Nous publions une interview récente d’Ignace Garay, ancien syndicaliste CGT et militant NPA, malheureusement parti trop tôt en 2014. Cette interview est ponctuée d’extraits du film sus-mentionné. En 2003, il était expert bénévole auprès du comité d’entreprise. Il nous parle de cette expérience d’autogestion et surtout de sa conception d’une autre économie que celle du capitalisme, une économie qui fonctionnerait sur d’autres critères que le profit capitaliste et prendrait plus en compte l’humain :
Quelques liens :
Coopérative, contrôle ouvrier : retour sur l’expérience de Sadefa à Fumel




