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Jours étranges à Trieste contre le pass sanitaire
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Trieste est une ville mal connue, y compris en Italie. Elle a du sa fortune au fait d’avoir été le port principal de l’Empire austro-hongrois. Devenue italienne, elle se trouva condamnée à végéter, à la marge de l’Italie, jusqu’à ce que l’unification européenne en fasse une desserte de la mittel Europa, laquelle commence à quelques kms de là avec la Slovénie…
Une ruse de l’histoire aura voulu que dans cette ville à part ait surgi la protestation à ce jour la plus avancée contre le pass sanitaire, à l’initiative d’un collectif autonome de dockers.
Andrea Olivieri, qui a eu travaillé trois années durant comme docker dans ce même port de Trieste revient au portail 4, celui par lequel il passait pour aller au chagrin. Il tient la chronique, dont nous livrons ici le premier épisode, d’une lutte inédite contre la gouvernance bio-sécuritaire en train de se mettre en place. Il vaut la peine d’entrer avec l’auteur jusque dans les moindres détails de ces journées de révolte triestine.
Car les gouvernants d’Italie ont pris une longueur d’avance. Là-bas, le pass sanitaire s’appelle green pass -mais qu’est-ce qui n’est pas repeint en vert, de nos jours ? un vert qui à vrai dire n’a rien de printanier et prend plutôt la tonalité vert kaki des uniformes... En l’occurrence, en Italie il ne faut pas seulement présenter un pass pour pouvoir avaler un expresso ou une pizza, mais simplement pour pouvoir aller travailler. Si les bureaucraties syndicales ont cautionné unanimement cette mesure, dans de nombreuses entreprises les collectifs autonomes et comités de base ont dénoncé cette mesure disciplinaire sans précédent.
A l’état de sidération générale qui règne en Italie comme ailleurs en Europe depuis un an et demi se mesure l’audace politique des dockers de Trieste et des habitants de cette ville qui les ont rejoints aussitôt au portail 4 pour exiger l’abrogation de ce pass qui n’a de sanitaire que le nom.
Sans vouloir dévoiler la suite de l’histoire que nous raconte Olivieri, rappelons que cette occupation du portail 4 a été ensuite attaquée par la police anti-émeute, et avec la bénédiction de toute la classe politique italienne –et des bureaucraties syndicales qui n’ont pas hésité à applaudir au spectacle de flics matraquant des grévistes dans les rues de Trieste. Et que peu de temps après, un décret du gouvernement Draghi est venu compléter l’état d’exception instauré dans le pays en interdisant tout rassemblement et toute manifestation, quel qu’en soit le motif, jusqu’à la fin de l’année.
Traduction et introduction par Alèssi Dell’Umbria.
Jours étranges à Trieste contre le pass sanitaire (lundi.am)





