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500 étudiants en manifestation sauvage à Paris
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Le 7 février, où près de 2 millions de personnes ont manifesté dans tout le pays, a signé l’entrée de la jeunesse dans la lutte avec plusieurs facs et lycées bloqués. Alors que les raffineurs ou les dockers appellent à une grève de 48 heures, les étudiants sont de nouveau sortis dans la rue à Paris ce 8 février !

La journée de grève du 7 février a réuni près de deux millions de personnes dans les rues de tout le pays contre la réforme des retraites. Fait nouveau, par rapport aux manifestations du 19 et du 31 janvier, des universités ont été bloquées et le nombre de lycées mobilisés a largement augmenté.
Après trois journées de mobilisation massives, la question du plan de bataille pour faire reculer Macron commence à se poser. Comment durcir le rapport de force, comment se regrouper entre secteurs ? Dans de nombreux cortèges étudiants, on a entendu chantier hier « le 7 dans la rue, et le 8 on continue ! »
C’est chose faite à Paris, puisqu’à l’initiative de plusieurs Assemblées générales comme Paris 1, Paris 8, et celle ayant réuni plusieurs facs mobilisées lundi soir (Saclay, ENS, Ecole du Louvre, Créteil, Villetaneuse, Sorbonne Université, Nanterre, Paris 3, Université de Paris), un rassemblement a été appelé ce mercredi à midi Place de La Sorbonne qui a débouché sur une manifestation d’étudiants dans le Quartier Latin. 500 étudiants des facs de Paris 1, Paris 8 (bloquée ce matin), Université de Paris et d’autres établissements ont envahi l’ENS et le lycée Henri IV, de nouvelles personnes se joignant au cortège au fur et à mesure de la manifestation. Des lycéens du lycée Voltaire ont également rejoint le cortège.
Face à un gouvernement qui commence à envoyer ses flics et qui affirme ne pas vouloir reculer sur l’âge de départ à la retraite, « on a envie de suivre les secteurs du monde du travail qui tentent de reconduire, d’étendre et de radicaliser la grève, c’est ce dont on a besoin pour faire plier Macron » lance Ariane, étudiante à Paris 1 et militante au Poing Levé.
Cette journée du 8 février est en effet marquée par la reconduction de la grève chez les cheminots, chez les énergéticiens, chez les travailleurs des ports et docks et dans les raffineries ! Ce premier test d’une grève de 48 heures pour populariser l’idée d’une grève reconductible a été un succès. C’est de cet appel dont se sont emparés les étudiants parisiens !
Aux cris de « Anticapitalistes » ou avec des slogans pour la retraite à 60 ans, les étudiants mobilisés témoignent encore une fois de la profondeur de la mobilisation en cours qui déborde de loin la question des retraites. Avec cette attaque, Macron a cristallisé l’ensemble de la colère qui existe contre le système qu’il représente.
Et les présidences de facs sont bien conscientes du danger. La présidence de Paris 1 a ainsi décidé de fermer administrativement l’ensemble des sites aux abords de la Sorbonne afin d’éviter que les étudiants ne soient massivement présents sur les lieux et rejoignent la manifestation. Que ce soit en envoyant les flics débloquer les facs et les lycées ou en fermant administrativement les établissements, les directions d’université cherchent à freiner autant que possible la mobilisation de la jeunesse étudiante.
Or, cette manifestation des étudiants parisiens montrent que la jeunesse est déterminée à se battre avec énergie contre Macron et qu’elle est prête à construire une mobilisation d’ampleur, dépassant les seules journées de mobilisation isolées et à mettre sa combativité pour bloquer le pays aux côtés des travailleurs en grève. Comme le répètent de nombreux étudiants dans le cortège, « on sait que faire une journée par-ci, par-là ça ne suffira pas, il faut durcir le mouvement ». Un constat qu’on entend également dans les cortèges des manifestations, ainsi que parmi certains secteurs du mouvement ouvrier. Cette manifestation sauvage, à l’appel d’Assemblées Générales de plusieurs facs parisiennes, est une première initiative pour aller plus loin que les dates isolées du calendrier de l’intersyndical et font entendre toute la colère et la détermination qui existent notamment dans la jeunesse face à la réforme des retraites.




