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Escamotage final, mais pas la fin de l’histoire pour ceux d’en bas
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Pour un escamotage, ce fut un escamotage. La proposition de loi LIOT revenant sur la retraite à 64 ans n’a donc pas été votée par l’Assemblée nationale. Passons sur les péripéties.
Pour finir, les députés de la NUPES réunis devant l’Assemblée ont prêté le « serment » de ne « jamais lâcher le combat contre la retraite à 64 ans ». Cette parodie du serment du jeu de paume a tout du serment des bras cassés. Car la démonstration qui a été faite et refaite si besoin était, c’est que si l’on respecte les institutions de la V° République, la démocratie est piétinée. Ceci vaut pour l’intersyndicale comme pour la NUPES.
Mais une autre démonstration a été faite et refaite : la force existe pour vaincre ce président et son régime. Pendant des mois, des millions ont manifesté et la grève politique a affleuré dans de nombreux secteurs. Un appel clair à la grève tous ensemble pour monter sur l’Élysée, et nous aurions vaincu. C’est pourquoi, il faut s’organiser et se fédérer.
Pour Laurent Berger, dirigeant de la CFDT qui s’apprête à passer la main à Marylise Léon, nous avons perdu, la séquence est terminée, mais l’honneur est sauf et le syndicalisme est renforcé. Il est exact que nous sommes dans un moment particulier : l’attaque de Macron est passée, et d’autres attaques arrivent en batterie, mais le sentiment d’union et de force s’est renforcé et ceci porte des grèves comme celle de Verbaudet, qui a imposé une négociation salariale, ou la grève spontanée et massive, véritable soulèvement, des employés de Disneyland-Paris. Certes.
Mais Laurent Berger poursuit : il faut maintenant « accompagner » et « être vigilants » sur l’application de la réforme Macron contre les retraites ! Autrement dit : le retour au « dialogue social » qui n’est pas la négociation sur la base d’un rapport de force, mais la collaboration organique syndicats/patronat/État.
Outre que cela est, tout de suite, bien difficile – ainsi, dans l’Éducation nationale tous les syndicats ont quitté le CSA ministériel le 31 mai et appellent à rejeter le « pacte » du ministre contre les salaires et les statuts – le plus important est que si cela se passe ainsi, alors la voie est ouverte à toutes les attaques. Le moment instable actuel ne saurait durer longtemps. Macron veut frapper et, notons-le, les groupuscules fascistes sont soudain très visibles et ostensibles, profitant tels des vautours du crime affreux commis à Annecy pour manifester malgré l’interdiction, sans réaction préfectorale.
Donc, si nous suivons le conseil de Laurent Berger, nous sommes surs de perdre.
La crise de régime, la puissance sociale des exploités, sont là. Mais dialogue social avec Macron et attente sage de 2027 ne peuvent conduire qu’au pire. La situation se dénouera avant.
Pour que ce soit notre puissance sociale qui la dénoue, et pas l’attente d’une pantalonnade impuissante à l’Assemblée nationale, il faut, répétons-le, nous organiser, nous fédérer.
C’est pourquoi Aplutsoc participera au « forum pluraliste » appelé par divers militants le 2 juillet, et organisera pour la rentrée une réunion-débat ouverte.




