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Sécurité sociale : aujourd’hui l’austérité, demain la privatisation
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Les budgets, celui de l’État (PLF) et celui de la Sécurité sociale (PLFSS) ont été présentés conjointement à la presse le 10 octobre et adoptés en Conseil des ministres.

Comme prévu, ce sont les classes populaires (actives et retraitées) qui subiront les conséquences du déficit créé par les politiques libérales de Macron/Le Maire. La contribution, légère et temporaire, qu’apporteront les plus aisés et les entreprises n’est là que pour faire accepter la poursuite de la dégradation du pouvoir d’achat, la démolition des services publics et de la protection sociale.
Seules les armées (+3,5 milliards) et la police (en hausse de 3,5 %) voient leur financement réellement augmenter, alors que les autres postes stagnent ou régressent : 4000 postes d’enseignantEs sont supprimés dans l’Éducation nationale. Plus de flics et d’armement et moins de profs : un bon résumé de la manière dont ce pouvoir avec le soutien du RN entend régler les problèmes de la société.
Retraites, santé, nouveau tour de vis sur la protection sociale
Sous la coupe de Bercy, la Sécurité sociale devient une simple variable d’ajustement des politiques d’austérité du pouvoir. Sur les 40 milliards d’économies annoncées, près de 15 sont finalement prévus sur la « Sécu » dont 4,9 milliards pour l’Assurance maladie et 4 milliards sur les retraites. Quatre milliards seront fournis par la remise en cause temporaire des réductions de cotisations patronales.
Ce budget va en premier lieu impacter l’hôpital public, déjà en grande détresse. L’enveloppe qui lui est consacrée prévoit une augmentation des budgets de 3,1 %, la moitié de ce que les directeurs estiment eux-mêmes comme nécessaire. Ce chiffre n’est qu’un leurre. En réalité, avec la hausse des cotisations retraites des hôpitaux imposée par le même PLFSS et la prise en compte de l’inflation, les budgets hospitaliers vont stagner à environ +0,2 %1 : impossible dans ces conditions de recruter, de rouvrir des lits, d’investir. La spirale destructive dans laquelle est l’hôpital public va s’accélérer.
La ponction sur les malades va s’aggraver avec la baisse du plafond des indemnités journalières versées par la Sécu en cas d’arrêt de travail ainsi qu’avec la baisse des remboursements des consultations de médecins et de sages-femmes (de 70 % à 60 %). La conséquence en sera une nouvelle et forte augmentation des tarifs des assurances santé complémentaires (mutuelles ou assurances commerciales), nouveau coup dur pour le pouvoir d’achat. Entre report de l’indexation des pensions pendant 6 mois et hausse des mutuelles, les retraités seront doublement impactés par l’austérité façon Barnier.
Selon F. Bizard, économiste libéral de la santé « Avant l’annonce du PLFSS 2025, la hausse prévue des cotisations aux assurances complémentaires était de l’ordre de 8 % pour 2025, soit 150 euros par retraité et 3,5 milliards d’euros globalement. Si ce nouveau transfert est voté, la hausse dépassera largement 10 %, approchant les 250 euros par retraité et 5 milliards au total. Cette dépense contrainte s’ajoutera à la désindexation sur six mois des pensions de retraite en 2025, prévue par le projet de loi de finances 2025. »2
Un déni de démocratie
Le PLFSS ne constitue pas seulement une violente attaque contre l’hôpital public, l’accès aux soins et le pouvoir d’achat. Il est un déni de démocratie. Fondée en 1945, comme institution autonome, gérée principalement par les représentantEs de salariés, la Sécu est aujourd’hui transformée en un simple rouage de l’administration des finances, au service des politiques libérales. L’instauration du vote par le parlement du PLFSS a dépossédé les assuréEs sociaux de tout contrôle sur l’utilisation de cette partie de leur salaire que sont les cotisations sociales. Les clés de la protection sociale sont entre les mains de l’État, appliquant les politiques libérales.
Ce scandale démocratique est aujourd’hui d’autant plus grand que le pouvoir n’a même pas la légitimité d’une majorité parlementaire pour imposer ses contre-réformes.
L’austérité, tremplin de la privatisation
L’étatisation de la Sécu permet de transformer progressivement celle-ci en une assistance minimum ne permettant d’assurer ni un accès aux soins de qualité, ni une retraite digne. Elle donne une place croissante, selon les moyens de chacunE, aux assurances complémentaire (fonds de pensions pour les retraites, mutuelle ou assurance santé de plus ou moins bonne qualité).
Le déremboursement des consultations dans le PLFSS 2025 est un nouveau pas dans cette voie ouvrant toujours plus le marché concurrentiel de la santé aux assurances privées (mutuelles ou commerciales) et aux réseaux de soins privés financiarisés.
Le 29 octobre, en grève pour relancer pour le rejet du PLFSS
Face à ce gouvernement illégitime et sans majorité, le vote du projet de loi de financement de la Sécurité sociale prend cette année une importance particulière. Constatant que l’objectif « famélique » de dépenses de santé pour 2025 met en grave danger la santé de la population et augure « d’une nouvelle crise sanitaire par manque de moyens », l’appel lancé par quatre fédérations syndicales de la santé CGT, SUD, UNSA, FO à une « journée nationale de mobilisation et de grève le 29 octobre », est l’occasion de relancer l’indispensable mobilisation sociale pour défendre le droit à la santé, imposer le financement de la santé à la hauteur des besoins en rejetant PLFSS et le gouvernement qui le porte.
J. C. Delavigne




