[RSS] Twitter Youtube Page Facebook de la TC Articles traduits en castillan Articles traduits en anglais Articles traduits en allemand Articles traduits en portugais

Newsletter

Ailleurs sur le Web [RSS]

Lire plus...

Twitter

Enquête de l’Insee: vers l’explosion des inégalités avec les contre-réformes Macron

La dernière édition de « Revenus et patrimoine », publiée par l’Inseepermet de mesurer l’impact de la crise : le niveau de vie médian en 2015 (1 692 euros par mois), celui en dessous duquel vit la moitié de la population, est inférieur à celui de 2008. Mais l’enquête dresse surtout un panorama très complet des inégalités en France et en Europe. 

Après avoir chuté entre 1970 et 1984 (passant de 17,9 % à 13,5 %), le taux de pauvreté, qui est en fait un indicateur d’inégalité puisqu’il mesure la part de la population qui a un niveau de vie inférieur à 60 % du niveau de vie médian, a cessé de décroître. Il oscille depuis autour de 14 %, augmentant entre 2004 et 2011, et depuis 2013 pour s’établir en 2015 à 14,2 %. 

Stabilité des inégalités de revenu, hausse des inégalités de patrimoine

La pauvreté a changé de visage : elle concerne de moins en moins les personnes âgées et de plus en plus les familles monoparentales (dont le taux de pauvreté a augmenté de 5,4 points depuis 1996). Sans surprise, la pauvreté est très forte chez les chômeurEs (49 %), mais aussi chez les agriculteurEs (25 %) et les indépendantEs (21 %). Le salariat est une protection contre la pauvreté, même si 15 % des ouvrierEs sont pauvres, contre 3 % des cadres. 

Alors que les inégalités de revenus sont relativement stables depuis une trentaine d’années (même si on décèle une tendance à la hausse depuis le début des années 2000), les inégalités de patrimoine se sont envolées entre 1998 et 2015, même si la crise a réduit légèrement ces inégalités (avec l’éclatement des bulles immobilières et financières) depuis 2010. En euros constants, le patrimoine des 10 % les moins dotés a baissé de 46 % (ils détiennent moins de 0,1 % du patrimoine total) contre une hausse de 67 % pour les 10 % les mieux dotés (qui détiennent 49 % du patrimoine total).

Des dispositifs qui limitent pour le moment les inégalités…

Les 10 % des ménages les plus riches contribuent à 65 % du total de l’impôt sur le revenu et la part payée par les 1 % de très hauts revenus atteint 25 %. C’est l’impôt le plus redistributif, et c’est l’impôt qui a été le plus réduit depuis les années 1980, notamment pour les plus riches, avec la baisse du taux marginal supérieur et la multi-plication des niches. 

La part des prestations sociales dans le revenu disponible varie de 48 % pour les 10 % les plus pauvres à 0,5 % pour les 10 % les plus riches.

Ainsi, les mécanismes de redistribution corrigent fortement les inégalités : l’écart entre le revenu plancher des 10 % les plus aisés et le revenu plafond des 10 % les plus modestes s’établit à 3,5 après redistribution contre 6,2 pour le revenu initial. 

… mais dont Macron veut se débarrasser 

Depuis le milieu des années 1980 (période dite néolibérale), les inégalités de revenus ont augmenté aux USA ou en Allemagne. Ce n’est pas le cas en France. Le taux de pauvreté est un des plus bas de l’UE et depuis la crise de 2008 il n’a augmenté « que » de 1 point. Mais cela pourrait changer rapidement : Macron s’attaque aux fondements du « modèle social » français. D’une part, il procède à un choc fiscal en faveur des riches en baissant massivement l’imposition sur le capital et en augmentant la fiscalité indirecte qui pèse plus fortement sur les plus pauvres. D’autre part, la future réforme des retraites va accentuer la pauvreté des vieux, en faisant de la pension une variable d’ajustement de la conjoncture économique. Enfin, le comité d’experts « CAP 2022 » s’apprête à rendre un rapport qui préconise une réduction de dépenses publiques de 30 milliards, notamment dans la santé, l’éducation et les prestations familiales.

Télécharger au format pdf

Ces articles pourraient vous intéresser :

Economie

Développer une analyse marxiste de la crise face au postkeynésianisme hégémonique dans la "gauche radicale"

Le réformisme a une très grande faculté à se renouveler en surface pour nous vendre la même camelote. Alors que nous sommes à nouveau plongé·e·s dans une crise sévère du capitalisme (dont le déclencheur est le Covid mais dont les racines sont bien plus profondes), des économistes postkeynésiens nous expliquent qu’ils et elles ont trouvé la solution magique pour sortir de la crise, réduire les inégalités et atteindre le plein-emploi dans le cadre du capitalisme : créer suffisamment de monnaie pour financer les dépenses publiques qui permettront de « garantir un emploi » à chacun·e. La théorie à la mode est la « théorie monétaire moderne » (Modern Monetary Theory - MMT en anglais) qui prétend fonder scientifiquement ce type de proposition politique. Lire la suite...

Télécharger en pdf Tweeter Facebook

Economie

À propos de la crise du bitcoin

Après avoir atteint des sommets, le bitcoin a perdu la moitié de sa valeur en un peu plus d’un mois. Elon Musk, patron de Tesla, avait mis le feu aux poudres en annonçant qu’il ne serait plus possible de payer ses véhicules en bitcoin, et c’est surtout l’État chinois, qui semblait jusqu’ici favorable au bitcoin, qui a interdit aux institutions financières du pays de proposer à leurs clients des services liés aux « cryptomonnaies ».
  Lire la suite...

Télécharger en pdf Tweeter Facebook

Histoire

40ème "anniversaire" du 10 mai 1981: la nécessité de tirer toutes les leçons de l’échec de la politique de relance de la gauche

Nous avions déjà essayé de comprendre pourquoi la politique de keynésienne de relance avait échoué, conduisant au « tournant de la rigueur » de 1983, présenté comme une « parenthèse » (par Jospin) qui ne s’est jamais refermée depuis. L’immense espoir de « changer la vie » soulevé par l’élection de Mitterrand a été très vite douché, marquant le début de la rupture de la gauche avec les milieux populaires. Lire la suite...

Télécharger en pdf Tweeter Facebook