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Pierre Rousset: Quoi de neuf sous le soleil impérialiste ?
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article35259
Ce court texte est une contribution à un débat ouvert dans le NPA sur la situation mondiale et les questions stratégiques.
Il y a un siècle, les marxistes se sont attachés à analyser le « neuf », à savoir l’ère impérialiste. Nous y sommes toujours, mais non sans bouleversements radicaux : révolutions du XXe siècle suivies de contre-révolutions bureaucratiques ; fascismes ; géopolitique des « blocs » à l’issue de la Seconde Guerre mondiale ; implosion du « bloc de l’Est » libérant la voie à la mondialisation capitaliste contemporaine ; émergence d’une crise socioécologique globale…
Les conséquences de ces bouleversements sont tellement importantes qu’il vaut mieux partir des réalités actuelles que des « définitions » dites « classiques », afin d’éviter une démarche « normative » qui mesurerait le présent à l’aune du passé. Prenons un exemple. Au tournant du XXe siècle, toutes les grandes puissances étaient (solidement !) armées. Pour conjurer le risque de révolution au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les Etats-Unis ont facilité la reconstruction économique des impérialismes vaincus ou concurrents, mais en les maintenant sous sa tutelle militaire. Résultats, nous avons maintenant des impérialismes « édentés » ou « faibles ». D’un côté, l’Allemagne est un exemple type d’impérialisme économique, de l’autre, ses forces armées sont limitées et délabrées – pour une bonne part hors service. Quant au Japon, la question de son réarmement ultime est une question politique majeure, explosive.
Autre exemple, la Chine. La révolution de 1949 l’a libérée de la domination impérialiste. La contre-révolution bureaucratique (achevée à la fin des années 60) à ouvert la voie à une contre révolution bourgeoise « interne » (c’est-à-dire la formation d’une nouvelle bourgeoisie) initiée dans les années 80. Cet enchainement – partagé avec d’autres pays « de l’Est », mais sans précédent historique – permet de comprendre l’émergence d’une nouvelle puissance capitaliste dont les ambitions impérialistes sont évidentes.
Les Etats-Unis restent certes la superpuissance, fort loin devant ses concurrents ; mais les autres impérialismes traditionnels sont trop affaiblis pour lui fournir l’aide dont elle a absolument besoin dans un monde où les sociétés sont déstabilisées par la mondialisation néolibérale. Pékin a pu s’engouffrer dans cette brèche et prendre l’initiative, notamment en commençant à « poldériser » la mer de Chine du Sud (même la Russie peut imposer à ses frontières la politique du fait accompli face à l’Union européenne). Le régime chinois pèse aujourd’hui internationalement sur le plan économique, mais aussi politique (il offre aux élites de la région un modèle de développement autoritaire) et diplomatique (parfois en tandem avec les USA).
Il nous faut suivre avec beaucoup d’attention l’évolution des rapports interimpérialistes. Ils sont lourds de conflits géopolitiques. Ils nous conduisent à avancer de nouvelles exigences, telles que la démilitarisation de zones de tensions (Europe de l’Est, mer de Chine du Sud…) ou la déterritorialisation des océans. La coordination des mouvements antiguerres de part et d’autre des « frontières chaudes » gagne encore en importance.
Nous n’avons pas fini d’analyser les implications de la mondialisation capitaliste contemporaine. Elles posent des questions de fond, comme l’articulation présente des Etats impérialistes d’une part et des puissances capitalistes privées d’autre part – ou comme la modification brutale des formations sociales nationales et des équilibres régionaux.
La désintégration sociale provoquée par les politiques néolibérales offre un terreau fertile à la montée de mouvements identitaires « excluants » (alors que les alternatives solidaires restent affaiblies par la défaite radicale subie par ma génération militante) et à la naissance de nouveaux fascismes. Il faut s’attaquer à cette question dans le contexte présent ou, par exemple, l’exaltation religieuse joue souvent le rôle dévolu hier à l’exaltation nationale. Ici encore, il faut se garder des démarches « définitionnelles » : le nazisme n’est pas le « mètre étalon » du fascisme tant il est marqué par le contexte de la période et par l’histoire spécifique de l’Allemagne. Il nous faut donc développer une analyse actualisée, spécifique, des mouvements d’extrême droite (religieuse ou pas) dans leur diversité (tous ne sont pas fascistes…).
La montée de la précarité dans les pays impérialistes traditionnels a aussi des implications qui n’ont pas encore été pleinement tirées, il me semble. L’auto-organisation des précaires est maintenant une exigence stratégique et elle ne peut s’opérer sous les mêmes modalités que celle des salariés stables. J’essaierais d’aborder cette question dans une autre contribution.
La crise socioécologique globale nous assigne de même des tâches nouvelles, mais ceci est bien développé par ailleurs, notamment pas la commission écologie et je n’y reviens pas. C’est moins vrai, en revanche, de la crise humanitaire qui prend dans le monde d’aujourd’hui une dimension particulièrement grave. Le soutien aux et l’auto-organisation des victimes de catastrophes humanitaires devient ainsi un autre enjeu stratégique et un devoir internationaliste. Il nous faut aller au-delà des seules formes traditionnelles de défense des immigrés et repenser par exemple le rapport entre « l’humanitaire » et le « politique » .
Il y a évidemment beaucoup plus à dire. Pour l’heure, je renvoie au rapport d’introduction à un débat au sein de la Quatrième Internationale disponible sur ESSF :Mondialisation capitaliste, impérialismes, chaos géopolitique et leurs implications [1].
Pierre Rousset
Notes
[1] ESSF (article 35258), http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article35258




