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    Référendum: les Grecs votent

    Grèce international

    Brève publiée le 5 juillet 2015

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/07/05/referendum-les-bureaux-de-vote-sont-ouverts-en-grece_4670942_3234.html

    « Oxi » ou « Nai », les Grecs décident aujourd’hui. Les bureaux de vote ont ouvert à 7 heures (6 heures en France) dimanche 5 juillet, pour un référendum portant sur l’acceptation ou non par les électeurs de la dernière proposition de réformes formulée par les créanciers du pays.

    « Faut-il accepter le plan d’accord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) lors de l’Eurogroupe du 25 juin ? », telle est la question à laquelle devront répondre près de 10 millions de Grecs. Le gouvernement du premier ministre de gauche radicale Alexis Tsipras appelle à voter « non ».

    Résultat incertain

    Les quatre derniers sondages publiés ne promettent un triomphe à aucun des deux camps : trois donnent l’avantage au oui, un au non, mais avec des avances respectives de 1,4 point au plus.

    Le référendum se déroule après cinq mois de discussions, d’Eurogroupes en sommets exceptionnels, entre le gouvernement grec — formé fin janvier par la gauche radicale Syriza d’Alexis Tsipras et le parti de droite souverainiste ANEL — et les créanciers du pays. Ceux-ci ont accordé à la Grèce depuis 2010 240 milliards d’euros d’aide ou promesses de prêts, mais n’ont rien versé depuis près d’un an, Athènes qui souhaite limiter les politiques d’austérité.

    Initialement, le gouvernement Tsipras semblait espérer que, grâce à un non qui mettrait au moins la moitié des Grecs derrière lui, il pourrait retourner plus fort à la table des négociations. En face, certains créanciers espèrent sans doute, comme l’a reconnu le président du Parlement européen Martin Schulz, que la consultation permettra d’en finir avec « l’ère Syriza » et son risque de contagion contestataire à d’autres pays d’une UE.

    Pour pousser au oui, ces derniers présentent donc le non comme équivalant à une sortie de la Grèce de la zone euro, à laquelle 74 % des Grecs sont attachés, selon un sondage paru vendredi, contre 15 % seulement qui reviendraient bien à la drachme.

    Campagne éclair

    La campagne éclair — neuf jours —pour le référendum s’est déroulée dans une atmosphère tendue : les Grecs ont retiré leur argent des banques le week-end dernier, qui ont été fermées une semaine. Les retraits sont en attendant limités à 60 euros par personne et par jour. Or, ils thésaurisent cet argent, ralentissant encore l’économie, et désertant la plupart des magasins. Sauf ceux d’alimentation où ils ciblent en masse les féculents, pâtes ou lait condensé, vidant certains rayonnages.

    Après des préparatifs — affiches, bulletins, acheminement des urnes, élaboration de sites internet de part et d’autre — particulièrement rapides, les deux groupes ont tenu vendredi soir deux grands meetings à Athènes. Match à peu près nul : 25 000 chez les « non », qu’Alexis Tsipras a invités à montrer qu’ils veulent « vivre avec dignité en Europe », et 22 000 chez les « oui ».

    A l’aéroport d’Athènes samedi après-midi, un avion en provenance de Chypre amenait des électeurs grecs expatriés. Kostas Kokkinos, 60 ans, avait fait le trajet « exprès pour apporter » sa voix au « oui ». Thanasis Hadzilacos, professeur de l’Université ouverte de Chypre, pensait voter « non », tout en estimant que la question posée « n’a aucun sens », mais il voulait d’abord « consulter ses amis d’Athènes ».

    Samedi soir, le non a reçu le soutien de plusieurs centaines de personnes à Londres, Dublin ou Lisbonne.

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    http://www.europe1.fr/economie/grece-cinq-choses-a-savoir-sur-le-referendum-de-dimanche-1364302

    COMPRENDRE - Les Grecs sont invités à se prononcer dimanche sur les réformes proposées par les créanciers en échange d'une aide.

    3' CHRONO - Jour J pour le référendum en Grèce. Le peuple hellène doit se prononcer dimanche sur les réformes proposées par les créanciers du pays (FMI, BCE et pays de la zone euro) en échange d'une nouvelle aide financière. Alexis Tsipras, le Premier ministre, fait campagne pour un rejet de ces réformes. C'est justement parce qu'il les juge trop contraignantes qu'il a annoncé la tenue de cette consultation populaire, il y a tout juste une semaine. La pression monte avant le scrutin. Samedi, le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a même accusé les créanciers du pays de "terrorisme" et de vouloir "humilier les Grecs".

    Que va-t-on demander au peuple grec ? L'intitulé exact du bulletin de vote (traduit de l'anglais par Europe 1) a été dévoilé lundi dernier. Le voici :

    "Acceptez-vous le projet d'accord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international lors de l'Eurogroupe du 25.06.2015 et composé de deux parties, qui constitue leur proposition unifiée ?

    Le premier document est intitulé "Réformes pour la réussite du programme actuel et au-delà" et le second "Analyse préliminaire de la soutenabilité de la dette".

    Non accepté / NON

    Accepté / OUI"

    En clair, la question peut se résumer ainsi : dites-vous "oui" ou" non" aux exigences des créanciers. Parmi celles combattues par Alexis Tsipras et son gouvernement : le passage de la TVA sur la restauration de 13 à 23% ou encore le report de l'âge légal de départ en retrait à 67 ans. L'exécutif hellène juge par ailleurs quasi-impossible d'arriver à réaliser 8 milliards d'euros d'économie entre 2015 et 2016 sans tuer la croissance. Il demande plus de temps et un allégement de la dette de 30%.

    Les enjeux semblent clairs mais selon le Conseil de l'Europe, la question ne l'est pourtant pas assez. "Les questions d'un référendum doivent être très claires et compréhensibles. Les votants devraient avoir les questions d'un référendum au moins deux semaines", a ainsi déploré Daniel Höltgen, le porte-parole, estimant le référendum non "conformes aux standards" européen.

    Comment va se dérouler le scrutin ? Selon le Conseil de l'Europe, le scrutin est par ailleurs bien trop précipité pour être pris au sérieux. Il aura pourtant bien lieu dimanche à partir de 7h du matin, soit une semaine seulement après son annonce. Mais comme le détaille Le Monde dans son édition de ce weekend, la précipitation est compensée par la proximité du référendum avec les législatives de janvier dernier. La logistique déployée pour le précédent scrutin servira en effet de base à celui de dimanche.

    En Grèce, c'est le personnel judiciaire qui se charge d'organiser les scrutins (avocats, juges, juristes etc.), au sein de bâtiments publics ou de bateaux pour le personnel naviguant. Ils peuvent être assistés par des élus et les partis politiques ont un regard sur le décompte des voix. Les organisateurs pourront s'appuyer dimanche sur les lieux et les équipes organisatrices de la précédente élection.

    Grèce retraités retraites

    Que disent les sondages ? Pour l'heure, il semble difficile de prédire le choix des 9,8 millions de Grecs appelés aux urnes dimanche. Les sondages sont pour le moins hasardeux. Une enquête d'opinion publiée en début de semaine donnait le "non" vainqueur à 57%. Mais mercredi, deux sondages donnaient encore deux versions contradictoires : le premier donnait le "non" vainqueur à 46% contre 37%, le reste étant indécis, le second donnait le "oui vainqueur à 44,8% contre 43,4%.

    Ce flou reflète le tiraillement des Grecs mais également… celui des médias. Comme le raconte Le Monde, la quasi-totalité de la presse écrite, aux mains des banques et des industriels, fait en effet campagne pour le "oui". Mais l'audiovisuel public, qui doit la vie au gouvernement Syriza, est plutôt partisan du "non", qui est également très populaire sur internet.

    Que se passera-t-il si le "oui" l'emporte ? Selon le FMI, la Grèce aurait encore besoin de 50 milliards d'euros de prêts sur trois ans pour se remettre sur pieds. Si le peuple vote "oui" dimanche, les négociations devraient s'accélérer en faveur de l'obtention d'une nouvelle aide… mais probablement sans Alexis Tsipras et son gouvernement. "Je ne suis pas un Premier ministre qui reste en place qu'il pleuve ou qu'il vente", avait affirmé le Premier ministre, interrogé sur son éventuelle démission en cas de "oui". "Nous pourrions démissionner", a confirmé jeudi le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis. De nouvelles élections pourraient alors avoir lieu… en espérant que la Grèce ne se retrouve pas à court d'argent d'ici là.

    Yanis Varoufakis Alexis Tsipras

    Et si c'est le "non" ? La grande inconnue réside dans le scénario d'un après "non". Dans ce cas là, soit les créanciers assouplissent leurs exigences... soit personne ne sait ce qui va se passer. Une absence d'accord pourrait détourner de la Grèce tous les investisseurs, publics ou privés, à commencer par la BCE, qui maintient sous perfusion les banques grecques. Cela ouvrirait aussi la porte à une sortie de la zone euro, et donc à un retour à la drachme, un coût des importations qui s'envolerait, un chômage qui bondirait dans tous les secteurs dépendants des fonds étrangers et une baisse potentielle de 7,5% du PIB grec, en attendant que le pays restructure son économie tout seul.

    Dans ces conditions, la Grèce se retrouverait encore moins capable qu'aujourd'hui de rembourser ses créanciers, Allemagne et France en tête. Et cela enverrait un message désastreux aux marchés : être en zone euro ne garantit pas que l'on rembourse ses dettes. Ces derniers pourraient alors (c'est là la plus grande inconnue) contre-attaquer par une hausse des taux d'emprunt pour les autres pays, fragilisant ainsi toute l'économie européenne. Un risque que les partisans du "non" sont prêts à prendre, opposant la démocratie à la logique financière.

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    http://www.lesechos.fr/monde/europe/021185503233-referendum-en-grece-oui-non-quelles-consequences-1134424.php

    Le résultat du référendum de dimanche est décisif : de son issue dépendra au bout du compte l’avenir de la Grèce au sein de la zone euro. Revue des scénarios possibles.

    SI LE PEUPLE GREC REPOND « OUI »  : ce n'est pas la fin des problèmes

    Alors qu' Alexis Tsipras manifeste vendredi avec les partisans du "non" , c’est bien le "oui" qui est le scénario espéré par toutes les chancelleries d’Europe. Un vote « oui » au référendum qui se tient dimanche en Grèce permettrait de relancer les négociations avec Athènes pour remettre le pays à flot financièrement et le maintenir dans l’euro. Le problème est que ce « Oui » serait pour un plan d’aides qui n’existe plus officiellement depuis mardi dernier. Autant dire qu’il faudrait ouvrir des discussions autour d’un troisième plan d’aides (!), sans doute lors d’un eurogroupe convoqué dès la semaine prochaine.

    Mais les haies sont nombreuses avant de franchir la ligne d’arrivée. Première étape, le Bundestag doit donner son aval au principe même d’un nouveau plan, ce qui ne s’annonce pas facile au vu du niveau d’incandescence atteint par le débat toute cette semaine. Ensuite, il faudra négocier de nouvelles conditionnalités en échange de ces aides, soit pour le dire plus clairement une nouvelle liste de réformes à faire accepter à Athènes par ses créanciers. « Ce qui est mis au vote ce dimanche peut bien évidemment servir de base à cet accord. Mais les conditions ont changé énormément en quelques jours, avec notamment le contrôle des capitaux qui peut endommager durablement l’économie », souligne une source européenne.

    Voeu pieu

    Les assurances données vendredi par le ministre grec Yanis Varoufakis – « Un accord est en vue que la réponse soit oui ou non » au référendum – paraissent du coup relever du vœu pieu. D’autant que les pays les plus durs sur le dossier grec ne devraient pas relâcher la pression après la semaine de tension qui vient de s’écouler. Gunthram B. Wolff, le directeur du Think tank Bruegel, veut pourtant croire que « la volonté politique pour améliorer les conditions pour les citoyens grecs via un programme d’investissement et par un allègement du fardeau de la dette a augmenté », dans un texte publié vendredi. Le rapport du FMI paru jeudi - et plaidant pour une réduction de l’endettement grec - a d’ailleurs déjà commencé à être utilisé politiquement par Aléxis Tsipras, qui réclame depuis lors une baisse de 30% de la dette du pays.

    Quoi qu’il arrive, les Grecs et les Européens devront rapidement avoir les idées claires sur le chemin à suivre. Le temps presse en effet, puisque la Grèce doit rembourser le 20 juillet 3,5 milliards d’euros à la BCE. Cette échéance est bien plus contraignante que celle du FMI de mardi dernier, qui laissait techniquement encore un répit au pays. En revanche, dans le cas de la BCE, un non remboursement des sommes dues devrait conduire l’institution de Francfort à couper les aides aux banques grecques, au bord de la faillite. Devant l’urgence, les Européens auront donc à faire preuve une nouvelle fois de créativité. Henrik Enderlein, de l’Institut Jacques Delors, propose que l’Europe débloque dès la semaine prochaine un plan d’urgence de 10 milliards d’euros, « sans conditionnalités ou négociations en signe de solidarité pure et pragmatique avec le peuple grec », afin de passer les échéances les plus pressées.

    Avec qui ?

    Mais avec qui négocier ? Le « oui » ouvrirait la porte à une crise politique en Grèce. Yanis Varoufakis a déjà annoncé qu’il démissionnerait de son poste de ministre des Finances, et on voit mal Aléxis Tsipras ne pas faire de même au vu de ce qui constituerait un désaveu. Le président du Parlement européen Martin Schulz, a parié jeudi sur la nomination dans un premier temps d'un « gouvernement de technocrates » dans ce cas de figure. Mais il faudrait malgré tout s’assurer le soutien d’une majorité de députés. Or l’union nationale ne se décrète pas, et il faudrait que près d’une cinquantaine de députés Syriza (sur 149) acceptent de s’allier aux socialistes du Pasok, aux centristes du Potami et aux conservateurs de Nouvelle Démocratie. Pas gagné, sauf si la victoire du « oui » est très nette. On pourrait sinon aller vers de nouvelles élections qui se tiendraient dans un délai de un mois. Et là, Syriza reste le grand favori des sondages…

    SI LE PEUPLE GREC REPOND « NON»  : le risque de couper le cordon

    Pour Alexis Tsipras, un « non » offrira une position de négociation plus forte à la Grèce. Pour les créanciers, l’effet sera strictement inverse. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker qui appelle les Grecs à dire oui à l’Europe, a rappelé, vendredi, que la position de la Grèce pour négocier sa survie financière sera « considérablement affaiblie » si le non l’emporte au référendum de dimanche. Il a aussi sèchement démenti toutes prolongations des discussions en coulisses, comme le prétend le ministre des grec des Finances, Yanis Varoufakis, et a une nouvelle fois mis en garde sur un non qui peut devenir un « non à l’Europe ».

    Varoufakis tente de pousser l’Eurogroupe hors des règles du jeu

    Questionné sur les affirmations de son homologue grec Yanis Varoufakis, qui affirme toujours qu’un accord peut être scellé en 48 heures et que les banques grecques peuvent ouvrir très vite dans la foulée, le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem a nié en bloc . Comme à son habitude, Yanis Varoufakis tente de pousser l’Eurogroupe hors des règles du jeu. Mais Jeroen Dijsselbloem, qui doit négocier à l’intérieur des traités, sait que les chances d’obtenir une unanimité des Etats de la zone euro pour aider encore massivement les Grecs deviennent de plus en plus hypothétiques en cas de non au référendum.

    Non seulement, ces six mois de négociations infructueuses ont plongé le pays au bord de la faillite, ce qui oblige désormais à imaginer un programme d’aide beaucoup plus coûteux, mais en outre, le Néerlandais sait que les « faucons » n’auront plus qu’un souhait : couper les cordons avec la Grèce. Comment les députés allemands, finlandais, slovaques, etc… pourraient-ils trouver une majorité pour voter oui à une nouvelle aide de dizaine de milliards d’euros si les Grecs disent non à tout effort ? « La chancelière allemande Angela Merkel aura beaucoup de mal à trouver une majorité au Bundestag pour rouvrir des négociations plus généreuses alors qu’elle a affirmé lundi devant le Parlement que les Grecs avaient tourné le dos à une offre déjà très généreuse », rappelle Guntram Wolff, directeur de l’institut Bruegel.

    Un problème d’alimentation en liquidités

    Sans accord, la BCE ne pourra plus longtemps soutenir les besoins en liquidités des banques grecques, Mario Draghi ayant clairement souligné qu’il maintenait le flux tant qu’il y avait des négociations avec une perspective de dénouement. Sans liquidité, les banques grecques, sous supervision de la BCE, devront rapidement être mises en faillite. Si jamais certains épargnants grecs avaient encore plus de 100.000 euros en dépôt sur leur compte, ils risquent de tout perdre. A ce stade, personne ne sait encore comment organiser le « Grexit », puisque juridiquement, un pays pour sortir de l’euro, doit sortir de l’Union européenne.

    Dans l’immédiat, en cas de victoire du non comme du oui, Alexis Tsipras devra bien appeler Angela Merkel et François Hollande pour dire ce qu’il souhaite faire. Le président du conseil européen devra alors vraisemblablement convoquer un sommet de la zone euro. Avec pour question, comment inventer les règles d’un douloureux divorce ?