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Le gouvernement lance sa contre-réforme des retraites
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
L'exécutif consulte à partir de ce mardi les partenaires sociaux sur la réforme des retraites promise par Emmanuel Macron pendant sa campagne.
POLITIQUE - C'est sans conteste l'un des chantiers les plus ambitieux et les plus sensibles de la décennie à venir. Le gouvernement entame à partir de ce mardi 21 novembre une série de consultations sur la réforme des retraites promise par Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle. Deux mois après sa nomination, Jean-Paul Delevoye, le Haut-commissaire aux retraites, va recevoir une à une les organisations syndicales et patronales pour une première prise de contact officielle.
La CFE-CGC ouvrira le bal mardi, suivie mercredi par l'organisation patronale U2P, les syndicats FO et CFDT le 27, la CFTC le 28, ou encore l'Unsa le 30, a indiqué lundi le cabinet du Haut commissaire, confirmant une information du Monde. Le rendez-vous avec la CGT n'était pas encore fixé lundi après-midi, mais son secrétaire général Philippe Martinez a laissé entendre dans la matinée sur Cnews que son syndicat irait bien "discuter".
Une réunion au sommet est aussi programmée vendredi à l'Elysée, où Emmanuel Macron réunira son premier Ministre, Edouard Philippe, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn et Jean-Paul Delevoye.
Vers un "système universel par répartition"
L'exécutif doit en effet mettre en oeuvre la promesse de campagne du candidat Macron, qui voulait remplacer la trentaine de régimes de retraite existants par un système universel par répartition, où un euro cotisé garantirait à tous les mêmes droits à pension.
Un chantier potentiellement explosif tant la question est sensible dans l'opinion et mobilisatrice chez les syndiqués. Les syndicats ont justement encore en mémoire les manifestations massives (mais infructueuses) contre la réforme des retraites de 2010 et pourraient espérer se refaire une santé sur le dos d'une réforme complexe et qui concernera la quasi-totalité des actifs.
Face à la disparition annoncée des régimes spéciaux et l'introduction d'un système à points, "nous avons une marge de manoeuvre", confiait récemment à l'AFP un haut responsable syndical, rêvant d'une action unitaire de toutes les organisations de salariés. Pour preuve, la simple évocation début septembre d'une possible suppression du régime spécial des cheminots a provoqué une réaction unanime des syndicats de la SNCF mais aussi, et c'est plus rare, des dirigeants de la CGT, Philippe Martinez, et de la CFDT, Laurent Berger.
Premiers retours en 2018
A cette veillée d'armes, le Haut-commissaire aux retraites entend opposer "quelque chose de positif", reposant sur une "solidarité collective qui est plus nécessaire que jamais".
Mais l'élaboration d'une loi-cadre, attendue au premier semestre 2018, se fera dans un contexte financier moins favorable qu'espéré. Pendant la campagne présidentielle, le candidat Macron affirmait dans son programme que "le problème des retraites n'est plus un problème financier". C'était sans tenir compte des projections démographiques à long terme de l'Insee, révisées en novembre 2016. Le Conseil d'orientation des retraites (COR) en a tiré les conclusions en juin: l'allongement de l'espérance de vie des hommes et la baisse du solde migratoire vont maintenir le système de retraites en déficit plus longtemps que prévu.
Le retour à l'équilibre financier a ainsi été repoussé cet été du milieu des années 2020 au début des années 2040, dans le meilleur des cas.
Pas de quoi freiner les ardeurs réformatrices de l'exécutif, d'autant que le chantier devrait s'étaler sur du très long terme. Des "propositions très concrètes" sont attendues dans "quelques mois". Les discussions avec les partenaires sociaux doivent aboutir à une loi cadre attendue au premier semestre 2018, la mise en oeuvre de la réforme pouvant durer 10 ans.




