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Complémentaires : les retraitéEs victimes du gouvernement, du patronat et de complices syndicaux
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
L’accord sur les retraites complémentaires des salariéEs du secteur privé conclu le 30 octobre 2015 entre le MEDEF, la CFE-CGC, la CFTC et la CFDT est entré en vigueur ce 1erjanvier.

Les effets sont immédiats : les actifEs cotisent plus, ils et elles devront travailler plus longtemps pour ne pas toucher une retraite trop misérable, et le montant des pensions diminue. Et d’autres conséquences se feront sentir si la mobilisation ne fait pas échec à la contre-réforme des retraites de base qui pourrait être votée cet été.
Anticipation
Le système des retraites de base (les retraites versées par les régimes de Sécurité sociale) est en annuités : le montant de la pension dépend principalement du montant des salaires soumis à cotisation et de la durée de la durée de la carrière. Les retraites complémentaires fonctionnent selon un système à point. Le montant de la pension dépend du nombre de points accumulés durant sa carrière et de la valeur du point attribuée chaque année par la caisse complémentaire après agrément par le gouvernement.
Le projet qui devrait être débattu au Parlement cet été a pour objectif de faire basculer le système d’annuités en un système à points, satisfaisant ainsi une vieille revendication du patronat.
La fusion entre l’AGIRC (couvrant l’ensemble des salariéEs) et l’ARRCO (spécifique aux cadres) prévue par l’accord de 2015 est effective aussi depuis le 1erjanvier. Cette disposition va également favoriser l’application du projet Macron-Medef qui prévoit un régime universel et la fusion de tous les régimes actuels.
Régressions sociales
Les signataires de l’accord affirmaient que « personne n’y perdra ». La cotisation « salariale » a augmenté de plus d’un demi-point (0,56%) au 1erjanvier, la cotisation patronale ne change pas.
La revalorisation de la valeur du point est, depuis l’accord de 2015, inférieure d’un point au taux de l’inflation et s’applique au 1ernovembre au lieu du 1eravril, tandis que les pensions des régimes de base augmenteront de 0,3% au 1erjanvier, alors que l’inflation en 2018 serait de 1,8% selon une estimation de l’Insee.
Jusqu’en décembre 2018, les salariéEs qui bénéficiaient des droits à la retraite de base à taux plein percevaient également l’intégralité de la retraite complémentaire. Depuis cette année il subissent une diminution de 10% de cette pension pendant trois, et au plus tard jusqu’à 67 ans. C’est un recul de fait de l’âge de départ à la retraite pour toutes celles et tous ceux qui percevaient des bas salaires, en majorité des femmes. Les personnes chômeuses au moment de partir en retraite sont très nombreuses, et elles n’auront pas d’autres choix que de subir ce malus.
La seule « avancée »du protocole de 2015 concerne la modification des règles concernant les pensions de réversion versées aux veufs et veuves. Cadres et non cadres pourront en bénéficier dès 55 ans sans minoration, alors qu’auparavant il n’était pas possible de percevoir avant 60 ans sans minoration cette pension versée uniquement par l’AGIRC. Mais il est à craindre que cette disposition ait été prise dans le but de réduire ou de supprimer la pension de réversion du régime de base dans le cadre de sa réforme, le gouvernement restant très flou sur le sujet.
Jaunes, verts ou rouges… la défense des retraites est aussi une raison de se mobiliser !
S. Bernard




