Agenda militant
Ailleurs sur le Web
![S’abonner au flux RSS [RSS]](images/rss.jpg)
- Propagande, Médias et Démocratie - Noam Chomsky et Robert W. McChesney (24/07)
- Barbara Butch : décryptage de la dernière offensive médiatique (23/07)
- En forêt de Fontainebleau par Alice BSÉRÉNI (23/07)
- Ormuz et Bab el-Mandeb bloqués ? Le scénario d’un "siège" maritime du Golfe persique (23/07)
- Yémen: les Houthis revendiquent des frappes contre «deux pétroliers saoudiens» en mer Rouge (23/07)
- Le monde du travail brûle, et le pouvoir regarde ailleurs (22/07)
- La République, une et divisible ? Discussion avec Mélenchon (22/07)
- Mélenchon : "Une nouvelle gauche d’action a surgi, elle est faite d’insoumis et de verts, tous écologistes" (22/07)
- Sélection d’articles de sites d’extrême-gauche (21/07)
- Michael Roberts - Les entreprises de l’Union européenne : un "capitalisme de rente" ? (21/07)
- Michael Roberts : Le ralentissement de la Chine (21/07)
- Monique Barbut, ministre de la transition écologique, présentera sa démission d’ici au conseil des ministres de mercredi, annonce son entourage (21/07)
- Le seul recyclage que vous aurez sera la guerre (19/07)
- Critique du projet des Ecologistes par Clémence Guetté (19/07)
- Manifeste des intellectuel·les arabes contre la normalisation avec Israël et pour le droit des peuples arabes à l’autodétermination (19/07)
- La lutte contre le CPE vingt ans après, ou comment la jeunesse a fait plier la droite (19/07)
- 3 500 morts de chaud, brevet des collèges bradé : bienvenue en nullocratie ! (19/07)
- Lutter contre les "ingérences intérieures" : les propositions glaçantes du Sénat (18/07)
- Mélenchon 2027 : Synthèse des contributions (18/07)
- Penser à partir d’Exarcheia (16/07)
- Le déclin mondial des États-Unis : causes et conséquences (16/07)
- Communiqué de presse de Ritchy Thibault (16/07)
- Le marxisme de Tina Modotti (15/07)
- Corée du Sud : les travailleurs·ses de Samsung montrent la voie (15/07)
- 1000 jours déjà 1000 jours horribles pour la population civile de Gaza horrifiée et effrayée (15/07)
Liens
Iran : un an après le début du soulèvement
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Iran : un an après le début du soulèvement | L’Anticapitaliste (lanticapitaliste.org)
Jamais dans l’histoire, les femmes n’ont tenu une telle place dans un soulèvement populaire. En Iran, l’immense majorité de la population se réclame aujourd’hui de leur combat engagé en septembre 2022.

Lors de la révolution de 1979, cela n’avait pas été le cas. Moins d’un mois après l’insurrection ayant renversé la monarchie, les femmes s’étaient retrouvées bien seules face au clergé qui commençait à imposer son pouvoir absolu. Celui-ci voulait notamment obliger les femmes à porter le voile dans les lieux publics. Le 8 mars et les jours suivants, des dizaines de milliers d’Iraniennes étaient alors descendues dans la rue, et cela dans l’ensemble du pays.
Mais la plupart des hommes étaient toujours prisonniers des traditions patriarcales, et très peu avaient manifesté avec elles. Il en allait de même pour la quasi-totalité des organisations classées à gauche ou à l’extrême gauche qui refusaient d’agir contre la mise en place du régime islamique au nom de la priorité absolue à la lutte contre « l’ennemi principal » impérialiste1.
Objectif : la chute du régime
Pendant 43 ans, le combat des femmes a néanmoins continué plus ou moins souterrainement, et parfois publiquement sur des objectifs limités. Mais depuis la mort de Jina-Masha Amini, ce mouvement ne s’autolimite plus à l’obtention de quelques réformes. Son objectif est aujourd’hui la chute du régime.
Pour la première fois, l’ensemble des peuples qui composent l’Iran luttent au coude à coude contre la dictature. Le fait que le slogan kurde « Femme, Vie, liberté » soit scandé dans toutes les langues du pays constitue à lui seul un symbole.
La mobilisation de la jeunesse scolarisée touche même des écolierEs. Dans l’enseignement supérieur, les barrières établies par le régime entre les jeunes des deux sexes ont été balayées.
Grèves limitées
En 1979, le blocage de l’économie du pays par les grévistes avait joué un rôle décisif dans la chute de la monarchie. Beaucoup espéraient qu’il en irait de même ces derniers mois. Mais les grèves sont à ce jour restées d’ampleur limitée et ne se sont pas généralisées.
Cette situation s’explique notamment par la violence de la répression quotidienne patronale et policière, l’arrestation préventive à partir du printemps 2022 de syndicalistes parmi les plus connuEs, la privatisation et le démantèlement des grands complexes industriels, la précarisation extrême du salariat avec la généralisation d’embauches à la journée.
Il en résulte une grande faiblesse numérique et organisationnelle des organisations ouvrières, rendant difficile dans l’immédiat un blocage du pays.
Une contre-offensive de grande ampleur
La rente pétrolière et gazière colossale dont dispose le régime lui permet d’entretenir un appareil répressif de premier ordre. Plus de 500 manifestantEs ont été tuéEs, plus de 22 000 arrêtéEs ou portées disparuEs, plusieurs dizaines ont été condamnéEs à la peine capitale, et sept pendaisons publiques ont déjà eu lieu. Comme il le fait régulièrement depuis des années, le pouvoir utilise des moyens militaires et paramilitaires lourds en province, notamment au Kurdistan et au Balouchistan. Il n’est pas étonnant que dans de telles conditions, le nombre et l’ampleur des manifestations aient considérablement baissé à partir de janvier.
Tenir dans la durée
Contrairement aux années 1970-1980, aucune force politique ne propose aujourd’hui de se lancer dans une confrontation armée avec le régime.
À l’opposé d’une telle orientation, 20 organisations iraniennes de type syndical et/ou associatif ont publié le 15 février une charte combinant une série de revendications et un appel à « une intervention en masse et à partir d’en bas » pour « mettre un terme à l’existence d’un pouvoir imposé par en haut » et déboucher sur « une révolution politique, économique et sociale »2.
Ces mouvements sociaux, « dont les racines sont assez ancrées pour survivre à la répression actuelle, constituent le milieu propice à la persistance du feu de tourbe, ce type de feu qui se consume de façon invisible, parfois un mètre sous terre »3.
- 1.En 1979, la petite organisation iranienne affiliée à la IVe Internationale constituait une exception notable : non seulement elle a appelé à ces manifestations, mais elle a organisé la venue de la féministe étatsunienne Kate Millet qui a contribué à donner un retentissement mondial à la lutte des femmes iraniennes. https://youtube.com/watc…
- 2.https://nouveaupartianti…
- 3.Chowra Makaremi, Femme, Vie, Liberté, La Découverte, 2023, p. 306-307.




